Fiches pratiques

Comment éliminer et traiter la corrosion sur nos voitures anciennes ?

La rouille est incontestablement l‘ennemi n°1 de la voiture ancienne. Restaurateurs, collectionneurs, ou même simples amateurs, tous craignent l’apparition de la corrosion sur leurs véhicules anciens. Alors, quelles sont les solutions pour éliminer la rouille lorsqu’elle s’est déjà installée ? Quels sont les meilleurs produits et techniques pour stopper l’oxydation ou éviter qu’elle ne refasse son apparition ? Comment prévenir et limiter le développement de la corrosion sur nos voitures anciennes ? On tente de répondre ici à toutes ces questions !

I/ ÉLIMINER LA CORROSION: LES TECHNIQUES “MÉCANIQUES” POUR DÉCAPER LA ROUILLE

Nous allons voir ici toutes les techniques de décapage du métal à l’aide d’un abrasif, quel qu’il soit. Attention, ces techniques nécessitent tous l’utilisation d’équipements de protection individuelles (EPI).

Décapage à la disqueuse + brosse métallique (ou disque à décaper)

C’est une technique souvent utilisée, car le travail est rapide et efficace. On peut en effet décaper de grandes surfaces même très corrodées, le tout assez rapidement. Cette technique est particulièrement adaptée aux grandes surfaces planes (plus délicate en revanche dans les zones difficiles d’accès). Attention, l’utilisation d’une disqueuse avec une brosse métallique nécessite un équipement de protection complet : gants, masque pour les yeux (les lunettes ne protègent pas suffisamment, croyez-en mon expérience), masque respiratoire (pour la poussière) et bouchons d’oreilles (ou casque anti-bruit).

  • Les + : rapidité, efficacité, surtout pour les grandes surfaces.
  • Les – : travail bruyant et générant beaucoup de poussières, peu adapté aux petites pièces ou recoins.
L’arme fatale contre la corrosion !

 

Un autre moyen extrêmement efficace et très rapide pour décaper la corrosion sur des surfaces planes : le disque à décaper. Il permet d’obtenir une meilleure finition que la brosse métallique.

 

Gants cuir, masque pour les yeux, masque respiratoire, bouchons d’oreille…il s’agit pour moi des équipements de sécurité obligatoires pour utiliser une disqueuse avec une brosse métallique. En effet les fils torsadés de la brosse peuvent sauter à tout moment, le travail est extrêmement bruyant et émet beaucoup de poussières.

Décapage à la brosse métallique montée sur touret

C’est une excellente technique pour décaper les pièces mobiles (petites pièces ou visserie par exemple). Le touret est à mon sens un indispensable dans l’atelier de tout amateur de voiture ancienne, c’est puissant et stable donc très pratique. J’en ai un depuis 3 ans maintenant, je m’en sers absolument tout le temps ! Pour ceux qui n’ont pas de touret, vous pouvez également monter une brosse métallique sur une perceuse que vous coincez dans les mords d’un étau. C’est moins efficace qu’un touret, mais ça peut très bien faire l’affaire.

  • Les + : sécurité, efficacité et rapidité pour les pièces mobiles.
  • Les – : nécessite de pouvoir démonter la pièce.
Une brosse métallique montée sur touret, ça change la vie !

Décapage à la brosse métallique montée sur perceuse ou Dremel

Moins efficace en terme de rapidité que les 2 techniques précédentes, l’utilisation d’une brosse métallique montée sur perceuse ou une Dremel permet d’atteindre des zones généralement inaccessibles ou délicates. La perceuse ou Dremel se révèlent très efficaces en “finition” (angles, intérieur de pièces…), après avoir dégrossi avec une disqueuse par exemple.

  • Les + : travail de précision et de finition possible, permet d’atteindre des zones difficiles d’accès.
  • Les – : travail logiquement moins rapide et moins efficace qu’avec une disqueuse.
Le genre de brosse métallique qui se monte sur les perceuses.

 

La Dremel est un formidable outil pour les zones difficiles d’accès ou pour les travaux de précision. Pour décaper avec la Dremel, j’utilise personnellement un petit disque à meuler.

Décapage par ponçage

On utilise le ponçage pour décaper la rouille lorsque celle-ci ne se trouve qu’en surface. En effet, l’utilisation d’un papier abrasif ne permet pas d’enlever la rouille lorsque celle-ci a déjà bien attaqué le métal en profondeur et a formé des creux. Le ponçage permet en revanche d’obtenir une plus belle finition qu’avec une brosse.

On peut utiliser plusieurs techniques : ponçage à la main pour les petites pièces, à la ponceuse pour les grandes surfaces planes, ou encore une ponceuse à ruban d’établi. Pour les papiers abrasifs, on utilise d’abord du gros grain <100 pour décaper (de la toile émeri de préférence, bien plus résistante que du papier classique). Ensuite, vous passez à du grain plus fin selon la finition que vous désirez.

  • Les + : efficace dans les zones inaccessibles et pour les petites pièces, meilleure finition que la brosse.
  • Les – : n’est réellement efficace que pour la rouille en surface.
Voilà ce que j’utilise généralement pour décaper par ponçage des petites pièces ou des zones autrement inaccessibles : de la toile émeri en grain P80.

 

La boîte à air d’origine du moteur de R5… Sale état n’est-ce pas ? On va s’occuper de son cas 😉

 

J’aurais pu la décaper entièrement avec d’autres méthodes plus efficaces (chimique ou brossage au touret), mais étant donné que le métal de la boîte à air était attaqué en profondeur, je ne voulais pas perdre trop de matière et que l’on ne voit plus l’inscription. J’ai donc choisi un décapage de surface à la toile émeri, puis je traiterais au Rustol CIP pour stabiliser la rouille.

 

  • Les + : efficace dans les zones inaccessibles et pour les petites pièces, meilleure finition que la brosse.
  • Les – : n’est réellement efficace que pour la rouille en surface.

Décapage au disque à meuler

L’utilisation d’un disque à meuler (monter sur disqueuse ou sur une Dremel), permet de décaper la rouille lorsqu’elle est déjà bien profonde et que le décapage à la brosse métallique ne suffit pas. On l’utilise donc quand le métal est assez épais et que la pièce nécessite d’enlever de la matière pour accéder au métal sain.

  • Les + : seule technique vraiment efficace (avec le sablage) lorsque le métal est épais et qu’il est attaqué en profondeur.
  • Les – : n’a pas d’intérêt pour les autres utilisations, privilégier la brosse métallique dans ces cas-là.
Le disque meuler n’est à utiliser que lorsque les autres techniques n’ont pas fait leur preuve. En effet, sur des pièces ou des tôles trop fines, vous risquerez d’enlever trop de matière et de faire des trous non voulus.

 

Les techniques de sablage

Le sablage est la technique la plus rapide, la plus efficace et procurant la meilleure finition de toutes les techniques de décapage. En revanche, elle nécessite un matériel important (cabine de sablage, gros compresseur) qui est souvent réservé aux professionnels. Il est néanmoins possible pour les amateurs d’avoir ce matériel dans leur atelier si le budget et la place le permet.

Ces techniques consistent à projeter du sable (ou autre abrasif, comme des billes de verre) sous pression sur les pièces pour les décaper complètement. On utilise aussi bien cette technique pour décaper une carrosserie complète que pour des petites pièces moteur par exemple.

  • Les + : efficacité, rapidité pour n’importe quel type de pièce.
  • Les – : matériel coûteux et encombrant, rarement à la portée des particuliers.

 

Toutes ces techniques mécaniques permettent, chacune à leur façon, de retirer un maximum de corrosion sur les pièces métalliques. Attention cependant, la plupart de ces techniques (sauf le sablage bien entendu) ne permettent pas d’obtenir un métal 100% sain si celui ci a été attaqué en profondeur. C’est donc une bonne première approche vers l’obtention d’un métal sain, mais il faudra tout de même les protéger avec des peintures et autres produits chimiques qui vont stabiliser la corrosion avant d’appliquer votre finition. Nous parlons de ça plus en détails plus bas ! 🙂

II°/ LES SOLUTIONS “CHIMIQUES” CONTRE LA ROUILLE

D’une manière générale, il est préférable de décaper complètement la rouille pour repartir sur un métal sain. Mais comme on vient de le voir, il est parfois difficile d’atteindre un métal 100% sain par les procédés mécaniques de décapage. De plus, dans certains cas il est préférable de ne pas décaper :

  • Lorsqu’il ne reste pas suffisamment de matière et que l’on risque de percer le métal par décapage.
  • Lorsque les zones sont inaccessibles (corps creux notamment) ou que les pièces ont une forme particulière et que l’on ne peut pas passer la brosse métallique ou le papier de verre.

C’est pourquoi il existe des solutions chimiques qui vont permettre soit de stabiliser la rouille et de stopper sa propagation, soit de la supprimer pour retrouver un métal sain.

Supprimer la rouille

  1. Le dérouillant phosphatant

Il est possible, chimiquement, de supprimer la rouille pour retrouver un métal sain. Ces produits, appelés “destructeurs de rouille”, ou “dérouillants phosphatant”, sont principalement composés d’acide phosphorique. Ils permettent à la fois de dissoudre la rouille sans attaquer le métal et de laisser un film protecteur (phosphate) sur l’acier permettant de le protéger temporairement de la corrosion le temps qu’il soit à nouveau traité.

J’utilise le dérouillant phosphatant avant tout par trempage : je fais tremper mes petites pièces ou ma visserie dans un récipient contenant une solution d’acide phosphorique. Quelques heures plus tard, la pièce en métal ressort complètement sain. Je trouve en revanche le produit moins efficace lorsqu’il est simplement appliqué avec un pinceau, à moins que la rouille ne soit que superficielle.

Voici des pièces bien rouillées en profondeur, qui composent le galet tendeur de courroie sur un moteur de 4L.

 

Je fais tremper mes pièces quelques heures dans une solution d’acide phosphorique (aussi appelé dérouillant phosphatant).

 

Quelques heures après, les pièces ressortent comme neuves ! Il y a un dépôt gris foncé sur l’acier, c’est normal, il s’agit du phosphate qui vient protéger le métal d’une corrosion prématurée. Néanmoins le métal est maintenant mis à nu, il va falloir le traiter, ici par électro-zingage (j’en parle plus bas, au point 10 de la 2ème partie).

Concernant mes conseils sur les dérouillants à utiliser, j’en parlerai dans un prochain article !

2. Destruction de la rouille par électrolyse

C’est une technique consistant à utiliser un bain d’une solution de soude et dans lequel vous faites passer un courant entre une anode (morceau d’inox) et une cathode (pièces à désoxyder). Je vous laisse consulter l’article de la 4L de Sylvie qui est très bien expliqué. Voici le principe en dessin :

Source : blog la 4L de Sylvie.

 

Stopper et convertir la rouille

  1. Les convertisseurs de rouille

Il existe sur le marché une multitude de produits chimiques qui doivent permettre de stopper la propagation de la rouille tout en isolant le métal. On les appelle communément “convertisseurs de rouille”, puisqu’ils utilisent la rouille pour la stabiliser.

On les applique directement sur la rouille qui doit quand même être légèrement brossée au préalable si elle est friable. Ces produits peuvent généralement s’appliquer au pinceau et présentent donc l’intérêt de pouvoir recouvrir des zones et des recoins de carrosserie ou de châssis par exemple qu’on ne peut pas décaper faute d’accès.

Certains convertisseurs de rouille, comme l’excellent Rustol Owatrol, peuvent également se mélanger à des peintures de finition comme diluant et pour renforcer l’action anti-corrosion.

Attention, tous les convertisseurs de rouille n’ont pas la même efficacité. Je recommande fortement le Rustol, beaucoup moins le Frameto, mais ce n’est que mon expérience. 🙂

Rustol Owatrol, certainement un des meilleurs antirouille du marché.

2. Les primaires direct sur rouille

Ces primaires fonctionnent un peu comme des convertisseurs de rouille (en tout cas, les bons primaires), à la différence près qu’ils doivent obligatoirement être recouverts par une peinture de finition (peinture bicomposant (2K) généralement). Ils stabilisent la rouille, isolent le métal et préparent la surface pour la couche suivante.

C’est une excellente solution lorsque le métal n’est pas exempt de rouille à 100% (faute de pouvoir décaper par exemple) et que l’on veut malgré tout obtenir une protection anti-corrosion durable et avoir une bonne finition en recouvrement. Un des primaires les plus connus est le Rustol CIP, un produit que j’adore pour son efficacité.

Dans le monde de la voiture ancienne, pour les primaires antirouille, beaucoup ne jurent que par le Rustol CIP.

3. Les peintures directe sur rouille

Il y a un peu de tout dans cette catégorie. Ce sont normalement des peintures pour métal dans lesquelles sont incorporés des agents inhibiteurs de rouille pour stopper celle-ci. Comme leur nom l’indique, on peut les appliquer directement sur la rouille, sans décapage préalable. Elles font office à la fois d’apprêt anti-rouille et de peinture de finition.

Néanmoins, la tenue dans le temps est assez limitée… en fait, cela dépend surtout de la qualité de la peinture. D’ailleurs, c’est très souvent inscrit sur les pots de peinture : cela peut aller d’une garantie contre la corrosion 2 ans à une garantie 15 ans…

En règle générale, lorsque mon support n’est pas totalement sain, je préfère éviter ce genre de peinture (à moins d’y incorporer du Rustol Owatrol par exemple) et utiliser la bonne vieille méthode de l’apprêt anti-rouille recouvert par une peinture bicomposant. C’est beaucoup plus long et plus coûteux, mais aussi et surtout beaucoup plus durable.

III°/ PROTÉGER LE MÉTAL DE LA CORROSION

Maintenant que vous connaissez toutes les techniques pour combattre la rouille, nous allons voir les techniques pour prévenir l’apparition de la rouille. Il en existe beaucoup, et celles-ci vont dépendre de plusieurs facteurs : métal sain ou non, humidité du milieu, accessibilité, chaleur… Je vous explique tout ici ! 😉

Cas N°1 : le métal est sain. On utilise la protection en 3 couches (primaire, apprêt garnissant, peinture de finition)

Nous y sommes. Vous avez pris soin de décaper votre carrosserie ou votre pièce qui est maintenant complètement saine. Comme beaucoup, vous vous demandez comment la protéger au mieux de la corrosion pour ne plus avoir à refaire ce travail durant les 30 prochaines années (j’exagère à peine !). Voici donc une des solutions les plus efficaces. Il s’agit du principe de base qui est très souvent utilisé pour protéger et peindre la carrosserie. Mais il peut s’appliquer pour toutes les autres parties ou pièces de votre ancienne pour les protéger de la corrosion. Attention, je le répète, cette technique nécessite une préparation parfaite du métal qui doit être exempt de rouille à 100% !

Première couche : le primaire antirouille.

Ce sont des primaires monocomposant (très fine couche que l’on applique directement sur le métal) qui isolent le métal de l’eau, l’air etc. Ils ne doivent être appliqués que sur une tôle parfaitement saine et exempte de rouille. Ces primaires ne sont pas des anti-rouilles dans le sens où ils ne vont pas bloquer la rouille lorsqu’elle est déjà présente ; en revanche, ils sont extrêmement efficaces pour prévenir l’apparition de la rouille lorsque le métal est sain en l’isolant parfaitement. On peut d’ailleurs mesurer leur protection à la corrosion grâce au test de résistance au brouillard salin (exprimé en heures). Ces primaires forment également un support idéal permettant un excellent accrochage des futures couches bi-composant qui viendront en recouvrement.

 

J’applique en première couche sur l’intérieur de la carrosserie un primaire phosphatant (sa couleur vert/marron est caractéristique), qui isole parfaitement le métal. La couche doit être extrêmement fine.

 

Il en existe plusieurs types, le primaire phosphatant et le primaire époxy étant les plus performants et les plus utilisés.

Deuxième couche : l’apprêt garnissant.

L’apprêt garnissant est surtout utilisé en carrosserie. Il s’agit d’une peinture appliquée en couche épaisse qui permet de garnir et de recouvrir parfaitement la surface. C’est généralement une peinture 2K qui doit permettre un ponçage facile. En effet, de part sa couche épaisse, l’apprêt garnissant doit obligatoirement être poncée juste avant l’application de la finition.

Le résultat après application d’un apprêt garnissant. Il est généralement mate, très facilement ponçable, et sa couleur doit être proche de la couleur de finition finale (un peu plus claire).

 

Si l’application d’un apprêt garnissant est obligatoire en carrosserie pour obtenir une surface parfaite, ce n’est pas toujours indispensable pour des pièces mécaniques ou des pièces non visibles qui ne nécessitent pas une finition optimale. Néanmoins l’apprêt garnissant joue 3 rôles :

  • protéger le primaire anticorrosion. En effet, si ce dernier présente une excellente accroche sur le métal et représente le meilleur isolant, il n’est pas très résistant aux agressions extérieures (faible résistance aux accrocs, aux produits chimiques etc) et ne résisterait pas longtemps sans être recouvert. L’utilisation d’un apprêt garnissant bi-composant en seconde couche est donc important d’une part pour sa résistance dans le temps et d’autre part car de nombreux primaires antirouille utilisés en première couche ne sont pas compatibles avec certaines peintures monocomposant qui viendraient en seconde couche.
  • Masquer les imperfections de la surface. C’est le rôle principal du garnissant : il permet de masquer les dernières imperfections de la surface (mastic, petites rayures, pores).
  • Faciliter l’application et l’accroche de la couche de finition.

Entre la 2ème et la 3ème couche : réalisation de joints au mastic polyuréthane (PU) :

Cette étape consiste à réaliser un joint d’étanchéité au niveau de toutes les tôles qui sont superposées (exemple : baie de parebrise, bas de portes, planchers sur châssis etc). Généralement, ce travail de jointage n’est pas ou très peu fait d’origine sur nos voitures. Résultat, l’eau s’infiltre dans l’interstice entre les 2 tôles et la corrosion finit par s’y installer et ronger l’acier prématurément. Lorsque tout est décapé et traité anticorrosion, la réalisation d’un joint PU permet de garantir l’étanchéité de l’assemblage des 2 tôles et éviter ainsi que de l’eau ne s’y infiltre.

Jointage de toutes les tôles du châssis (je fais idem pour la carrosserie) de la 4L entre la couche d’apprêt et la finition. Ici, il s’agit de joint auto-marine, mais du joint polyuréthane classique est parfait pour ce type d’utilisation.

Le polyuréthane est idéal puisqu’il est facile à appliquer, souple, et tient très bien dans le temps. De plus, il peut-être peint sans problème, c’est pourquoi il est préférable de l’appliquer avant la peinture de finition afin qu’on le voit le moins possible lorsque le travail est fini.

3ème couche : la peinture de finition

Son rôle, en plus d’être esthétique, et d’être particulièrement résistante aux agressions extérieures : UV, rayures, produits chimiques… En effet c’est bien la peinture de finition qui est en première ligne, elle se doit d’être robuste. Pour garantir une durée de vie importante, il est très fortement recommandé d’appliquer une peinture 2K en finition. En effet, la peinture bicomposant présente une résistance bien supérieure aux peintures monocomposant et aux peintures en aérosol par exemple.

 

Pour finir, j’applique une peinture 2K blanc brillant pour la finition.
Le cas d’une peinture de finition en carrosserie

Pour repeindre une carrosserie, il y a plusieurs possibilités pour la peinture de finition :

  • soit on applique une peinture en bicouche (base + vernis) : dans ce cas c’est le vernis bicomposant qui apporte la brillance à la peinture et qui joue le rôle de protection. C’est le système le plus commun utilisé par les professionnels. Pour les peintures métallisées, c’est d’ailleurs l’unique solution (les peintures métallisées brillant direct sont impossibles à réaliser).
  • soit on applique une peinture dite “brillant direct” : il s’agit généralement de peinture polyuréthane bicomposante qui ne nécessitent pas de vernis : elles sont déjà brillantes et résistantes aux agressions extérieures.

J’ai pu tester les deux systèmes, je peux donc vous en faire quelques retours (attention, je ne suis pas carrossier de métier). J’ai d’abord utilisé une peinture bicomposant brillant direct pour repeindre une 4L et je dois dire que j’en suis assez satisfait. On obtient de bons résultats sans trop de difficultés (si vous avez les bonnes conditions et du bon matériel) même pour un amateur. La peinture est très brillante et résiste très bien aux rayures. De plus, c’est la peinture la plus économique à mon sens. Petit bémol : j’ai l’impression qu’elle résiste moins bien aux UV qu’une peinture avec vernis. La 4L a été peinte en blanc et elle a tendance à très légèrement jaunir, au bout de 5 ans.

Le cas de la peinture métallisée

Pour une seconde 4L que j’ai repeint, je n’ai pas eu le choix car la teinte était métallisée : dans ce cas on n’a d’autres choix que de prendre une peinture bicouche avec vernis. Cela donne au final une peinture extrêmement résistante mais pour moi, cela demande une certaine expérience : le vernis n’est vraiment pas facile à appliquer lorsqu’on n’est pas carrossier. En effet, le vernis étant transparent, on ne voit vraiment pas ce que l’on fait : cela demande un excellent éclairage et une certaine expérience pour ne pas se retrouver avec des coulures ou au contraire une “peau d’orange”.

Cas N°2 :  le métal est corrodé

Si le métal n’est pas sain à 100% et qu’il reste des zones corrodées que vous n’arrivez pas à retirer, vous ne pouvez pas utiliser un primaire de type phosphatant ni même époxy. En effet, ces derniers ne sont faits que pour être utilisé sur un métal neuf ou sain et ne résisteraient pas bien longtemps dans le cas contraire.

Vous devez donc utiliser un convertisseur de rouille ou primaire direct sur rouille comme première couche (comme vu précédemment) pour stabiliser et stopper la rouille. Ensuite seulement, vous pourrez appliquer les 2ème et 3ème couche (respectivement apprêt garnissant et peinture de finition) exactement comme nous venons de le voir ci-dessus. Attention tout de même de bien contrôler si votre convertisseur de rouille ou primaire est compatible avec la peinture qui va venir la recouvrir ! De nombreux convertisseurs connaissent en effet des problèmes de compatibilité avec les peintures qui viennent en recouvrement.

Par exemple, le Rustol Owatrol (un des meilleurs antirouille du marché) n’est pas compatible avec les peintures acryliques, bicomposantes ou à séchage rapide : ce n’est donc pas adapté pour de la peinture de carrosserie. Dans ce cas, il vaudra mieux utiliser en première couche le fameux primaire Rustol CIP qui lui est compatible avec tous les systèmes de peinture qui viendront en recouvrement.

Cas N°3 : protéger les zones inaccessibles et corps creux

Certaines zones inaccessibles et pourtant très exposées à la corrosion vont également devoir être traitées : intérieur de portes, intérieur de longerons du châssis, montants de baies, intérieur de bras de suspension… Ces endroits sont difficiles à atteindre que ce soit pour les décaper ou pour les traiter avec un pinceau, une bombe de peinture ou même un pistolet.

Dans ce cas, on doit appliquer ce qu’on appelle une cire à corps creux. Cette dernière se présente sous la forme d’une cire semi-liquide, vendue sous forme de cartouche à appliquer au pistolet avec un long tube permettant d’aller traiter les zones les plus inaccessibles. Encore une fois, toutes les cires ne se valent pas. Les cires à corps creux de bonne qualité permettent à la fois de protéger le métal du développement de la corrosion mais aussi de bloquer la corrosion présente en l’état. Certaines cires protègent certes mais ne sont pas composées d’agents anti-corrosion permettant de bloquer la propagation de la rouille existante. Vérifiez donc bien ce que vous achetez.

Généralement, les cires pour corps creux s’appliquent à l’aide d’un pistolet dont la buse est rallongée par un tube souple. Elles peuvent être aussi proposées en aérosol. Je n’en avais pas à l’époque et j’ai donc utiliser un pulvérisateur avec un long tube pour traiter les corps creux du châssis.

En revanche, n’utilisez surtout pas cette cire pour autre chose que les corps creux : elle ne sèche pas, reste toujours collante, elleest donc inadaptée pour les zones visibles ou accessibles.

Cas N°4 : la protection du châssis et des passages de roue

Les contraintes

Ici, on pour la protection antirouille et la peinture, on peut se référer aux paragraphes 1 et 2, la technique et la même. Seulement, pour le châssis, les planchers extérieurs et les passages de roues, on a 2 contraintes supplémentaires :

 

  • Ces zones sont fortement soumises aux projections de gravillons, pierres etc : à terme, cela finit par endommager les couches de peinture successives et le métal se retrouve mis à nu. C’est la corrosion assurée ! De plus, les projections sur les tôles font un bruit désagréables qui peut-être lassant lorsqu’on pratique régulièrement des chemins ou des pistes.
  • L’hiver, le châssis et les passages de roue sont les premières victimes du sel de déneigement que l’on trouve sur les routes. On le sait, le sel est particulièrement nocif pour nos anciennes et pour toutes les voitures en général : il détruit les peintures et attaque l’acier en un rien de temps. S’il est indispensable de bien rincer sa voiture après avoir pratiqué une route salée, il vaut mieux anticiper et essayer de protéger les zones touchées en amont.
Les solutions

Pour faire face à ces 2 contraintes, il convient d’appliquer un anti-gravillon – insonorisant (aussi appelé abusivement “Blackson” en référence à la marque) en couche finale. Il s’agit d’une pâte bitumeuse, que l’on applique en couche épaisse et qui vient jouer un double rôle : protéger les soubassements de la voiture des projections (et ainsi protéger la peinture se trouvant en dessous) et l’insonoriser. L’anti-gravillon permet aussi de faire barrière au sel pour éviter qu’il ne soit en contact direct avec la peinture. Il peut être vendu soit en pot à appliquer au pinceau, soit en cartouche à appliquer par pistolage sous pression (nécessite un pistolet spécifique adapté).

Après décapage du châssis, j’applique dans un premier temps un primaire antirouille universel, auquel j’ai ajouté un peu de Rustol Owatrol qui renforce la protection anticorrosion tout en jouant le rôle de diluant (la peinture tire mieux et est plus facile à appliquer).

 

Voilà le résultat, après deux couches de primaire anticorrosion. C’est propre non ?!

 

J’applique ensuite une peinture de finition, qui soit suffisamment résistante aux agressions extérieures (chimiques et physiques). Cette peinture n’a en revanche pas besoin d’avoir des propriétés anticorrosion puisqu’elle n’est pas en contact direct avec la tôle acier.

 

Enfin, j’applique le fameux anti-gravillon (ou blackson) sur le dessous du châssis, ici au pinceau. Le résultat est moins esthétique et uniforme que par pistolage, mais à l’époque je n’étais pas équipé pour. Il ne faut pas hésiter à mettre plusieurs couches, fines, pour que l’anti-gravillon / insonorisant fasse effet, tout en évitant de créer des pores dans lesquelles l’eau pourrait s’infiltrer.

 

Pourquoi certains redoutent et ne recommandent pas l’anti-gravillon (ou blackson) ?

Il y a plusieurs raisons. Si l’anti-gravillon a parfois mauvaise réputation, c’est d’abord parce qu’il est souvent utilisé à mauvais escient, notamment pour masquer une mauvaise réparation ou de la corrosion. Certains le rendent également responsable de la corrosion prématurée des châssis, puisque l’anti-gravillon favoriserait l’emprisonnement de l’humidité et donc la formation de rouille. Ces arguments ne sont pas tout à fait faux, ni tout à fait vrai. Cela dépend en fait du produit que vous utilisez, de la préparation en amont et de la manière dont vous l’appliquez.

Comment bien appliquer l’anti-gravillon ?

D’abord, avant toute application d’un anti-gravillon quel qu’il soit, il faut que le support ait été parfaitement traité et protégé contre la corrosion ! Contrairement à ce que certains pensent, l’anti-gravillon n’est en aucun cas un produit anti-corrosion et ne doit jamais être appliqué sur de l’acier nu non protégé. Ensuite, il faut choisir un anti-gravillon de qualité, c’est à dire un anti-gravillon non poreux, et qui reste souple après séchage. Cela permettra d’éviter le phénomène d’emprisonnement de l’humidité que l’on peut avoir avec les mauvais insonorisants et qui est responsable du développement de la corrosion. En utilisant le bon produit sur une surface parfaitement traitée, l’anti-gravillon jouera parfaitement son rôle de protection sans avoir d’effet néfaste.

Le seul défaut qu’il pourrait avoir est lorsque les planchers ou les passages de roues subissent une déformation (choc, accident). L’insonorisant risquerait alors de se craquer et à ce moment-là d’emprisonner plus facilement l’humidité. Il conviendra donc dans ce cas particulier de le retirer après avoir redressé la tôle, pour refaire un traitement anti-corrosion complet et une couche d’anti-gravillon.

Cas N°5 : la protection du bloc moteur / pièces moteur

Ce n’est pas parce que cela n’est pas visible par tous qu’il ne faut pas protéger et peindre son moteur et ses pièces moteur ! 🙂 Personnellement, je suis adepte d’un compartiment moteur soigné, c’est tout aussi important pour moi qu’une belle carrosserie !

Protection des blocs moteur en acier / fonte

J’avais déjà évoqué le sujet lors de la restauration du moteur de ma 4L. Après un bon nettoyage / dégraissage / brossage, pour moi l’idéal est d’appliquer :

En première couche

Je conseille le primaire antirouille Rustol CIP (encore lui !), qui présente tous les avantages pour cette application :

  • Peut être appliqué sur une surface légèrement corrodée (ce qui permet de simplement brosser le bloc en fonte) et protège efficacement et durablement le bloc moteur
  • Résiste à une température de 175°C, ce qui est suffisant pour le bloc moteur.
  • Est compatible avec toutes les peintures qui pourront venir en recouvrement.
J’applique au pinceau une couche de Rustol CIP pour protéger la fonte de ce bloc moteur Cléon de R5.

 

En couche de finition

Il nous faut une peinture un peu spécifique, puisqu’en plus de devoir résister à une température assez élevée, elle doit pouvoir résister aux huiles, carburants, liquide de refroidissement qui pourraient couler dessus. Exceptionnellement, j’utilise une peinture en aérosol pour cette application, une peinture spéciale moteur qui répond à toutes ces contraintes. On peut également trouver ces peintures en pot, à appliquer au pinceau ou pistolet, pour une résistance supérieure. On peut maintenant trouver ces peintures moteur dans toutes les teintes, vous pourrez donc trouver celle d’origine correspondant à votre moteur.

J’ai utilisé cette combinaison Rustol CIP + peinture aérosol spécifique pour moteur pour la restauration de plusieurs blocs et quelques années plus tard, j’en suis satisfait, rien n’a bougé. En revanche, je déconseille fortement d’appliquer directement une peinture aérosol sur un bloc moteur sans apprêt anticorrosion, cela risque de ne pas tenir bien longtemps. Si vous souhaitez faire cela, mieux vaut utiliser une peinture anticorrosion à appliquer au pinceau ou au pistolet, de type Restom MotorPeint PMV 3030.

La peinture de finition noire spéciale moteur, appliquée sur notre bloc moteur, après la couche de Rustol CIP.

Protection des pièces du compartiment moteur

Pour les pièces du compartiment moteur en acier (platines, démarreur, supports moteur, boîtes à air, caches etc) qui ne subissent pas des températures trop importantes (moins de 200°C), il ne faut pas trop se prendre la tête. Le mieux est d’utiliser la même peinture que pour le bloc moteur, résistante à des températures assez élevées et aux hydrocarbures. Si vous n’arrivez pas à obtenir des pièces saines à 100% après décapage, utilisez un apprêt type CIP. Sinon, vous pouvez peindre directement la pièce avec la peinture spécifique moteur.

La peinture en aérosol spécifique pour bloc moteur (haute température) s’adapte parfaitement aux pièces annexes du compartiment moteur. Ici, la boîte air que nous avons poncé puis traité préalablement au Rustol CIP.

Cas N°6 : la protection intérieure du bloc moteur

Et oui, l’intérieur des blocs moteur, ça se protège aussi ! En particulier le circuit du liquide de refroidissement à l’intérieur du bloc qui, avec les kilomètres, se retrouve souvent endommagé… Résultat, cela forme des dépôts métalliques dans le circuit et cela finit par transformer le liquide de refroidissement en boue, empêchant sa bonne circulation et donc le bon refroidissement du moteur.

Pour éviter cela et pallier à la porosité des chemises et des parois intérieures du bloc moteur, il existe une peinture époxy s’appliquant au pinceau pour recouvrir et protéger l’intérieur du moteur : la Restom Blocmoteur 8890. Elle est résistante au liquide de refroidissement bouillant, aux antigels, à l’huile jusqu’à 170°C et elle permet d’assurer une protection anticorrosion totale même en immersion.

Ce n’est pas une opération obligatoire mais si vous démontez entièrement votre moteur, c’est vraiment l’occasion de protéger l’intérieur afin de protéger vos chemises et votre bloc et ainsi augmenter leur durabilité.

Source : Restom.

Cas N°7 : la protection du collecteur et tubulures d’échappement

L’ensemble de la ligne d’échappement est très exposée à la corrosion. Et pour cause, elle est constamment exposée à de très hautes températures (plusieurs centaines de degrés au niveau des collecteurs), une chaleur qui favorise l’apparition de la rouille.

L’intérêt de la protection de la tubulure d’échappement et du collecteur est avant tout esthétique, car il y a peu de chance que la corrosion vienne endommager en profondeur l’acier de votre échappement. Mais si, comme moi, vous aimez avoir un compartiment moteur digne d’une voiture neuve, sachez qu’il existe des peinture spécifiques très haute température pour redonner une seconde vie à votre collecteur ou vos tubes d’échappement.

Le collecteur d’un moteur de R5, repeint à neuf après sablage avec une peinture spécifique pour échappement. Le résultat est super, mais l’application ayant été faites à l’aérosol, la durée de vie risque de ne pas être excellente. Privilégier une peinture en pot. Concernant la couleur, évitez le noir, elle absorbe trop la chaleur et ne résisterait pas bien longtemps.

 

La tenue de ces peintures dans le temps dépend de la préparation du support : il convient de sabler le collecteur avant toute application (un décapage par brossage ne suffira pas) sinon la rouille refera son apparition très rapidement. Ces peintures demandent également un processus de cuisson particulier avant d’être complètement sèches et d’assurer leur fonction de protection, référez vous bien à la notice de chaque peinture.

Cas N°8 : la protection du réservoir d’essence

Une éventuelle corrosion à l’intérieur du réservoir d’essence n’est pas à prendre à la légère, puisqu’elle pourrait endommager indirectement votre moteur. En effet, lorsque votre réservoir n’est pas plein d’essence, de la condensation se forme à l’intérieur, favorisant la corrosion de la surface interne. En contact avec le carburant, la corrosion forme des dépôts qui peuvent venir boucher les durites, filtres et cuves des carburateurs, détériorer la qualité de l’essence, et donc nuire à la bonne carburation du moteur.

Pour éviter cela, il existe sur le marché des kits de traitement de réservoir, proposant un traitement en 3 phases : dégraissage, décapage chimique de la corrosion, puis traitement anti-corrosion à l’aide d’une résine. L’entreprise Restom s’est fait une spécialité dans ce traitement de réservoir, et jouit d’une telle renommée qu’on parle dans le milieu de “restomisation” du réservoir.

Cas N°9 : la protection avant et après soudure par points

La soudure par points est une technique très plébiscitée en carrosserie automobile, qui consistent à assembler deux tôles à l’aide de points de soudures espacés, et non d’un cordon continu. Pour protéger la tôle avant la soudure, on utilise principalement deux types de produits : du zinc (galvanisation à froid), ou du cuivre, tout deux vendus en aérosol. L’intérêt de ces sprays réside dans leur résistance à des températures très élevées (+1100°C pour le cuivre), des températures bien trop importantes pour les peintures. Les tôles sont ainsi protégées contre l’oxydation et peuvent être assemblées en soudage par points sans que la protection ne soit altérée.

Cas N°10 : la protection de la visserie et des petites pièces

La visserie nécessite une protection particulière. En effet, sa surface étant soumise à des frottements importants, on ne peut la protéger avec des traitements habituels tels que les apprêts, peintures, résines etc puisque la surcouche de protection s’enlèverait au premier vissage. La seule solution est l’électro-zingage, qui permet de déposer une très fine couche de zinc qui adhère parfaitement sur l’acier de la visserie. Cette technique, assez complexe, est généralement réalisée par des professionnels. Avec un peu de patience, on peut néanmoins réaliser un électro-zingage chez soi pour des petites séries de pièces.

J’ai traité quelques dizaines de vis et pièces avec mon propre bain d’électro-zingage, c’est assez ludique et intéressant, mais il faut multiplier les essais et s’armer de patience pour trouver la bonne technique et obtenir de très bons résultats. Restom (encore eux !) proposent d’ailleurs depuis peu un kit complet (cher à mon goût) pour réaliser son propre électro-zingage. Vous pouvez également consulter l’excellent tuto du site La 4L de Sylvie sur lequel je me suis appuyé pour débuter dans cette technique.

Quelques illustrations d’électro-zingage maison

J’ai réalise un électro-zingage maison de petites pièces d’alternateur. Je suis arrivé à un résultat plutôt convaincant, mais ça demande un peu de pratique et de patience pour arriver à une telle finition.

 

Un autre exemple d’électro-zingage maison, avec ici les composants du galet tendeur de courroie dont nous avons vu le décapage chimique en première partie. Pas mal non ?
L’application de graisse cuivrée comme rempart anti-corrosion

Pour améliorer la protection de vos vis lorsqu’elles sont soumises à des contraintes sévères (contact régulier avec l’eau, chaleur), pensez à badigeonner les filets de graisse cuivre ! Cela permettra de retarder considérablement l’apparition de la corrosion et de faciliter les démontages futurs ! Ex : bougies, vis de brides d’échappement, vis de pompe à eau…

J’ai pour habitude d’appliquer un peu de pâte cuivrée (ou grasse cuivre) sur les filets des bougies : cela permet d’éviter l’oxydation lorsqu’elles sont vissées dans la culasse, faciliter les déposes futures en évitant de foirer le pas de vis (fragile) de la culasse.

 

Je fais de même pour toutes les vis présentes dans des environnements particulièrement corrosifs : ici, les vis qui fixent la pompe à eau sur la culasse.

IV°/ QUELQUES CONSEILS POUR PRÉVENIR L’APPARITION DE LA ROUILLE

Vous voilà désormais armés de conseils pour protéger au mieux toutes les parties de votre voiture ancienne préférée. Malgré toute votre bonne volonté, il est possible que la corrosion refasse tout de même son apparition au bout de quelques temps, si les conditions sont propices au développement de la corrosion. Voici donc quelques recommandations pour retarder au maximum l’apparition de la rouille :

Fuir le sel de déneigement

Le sel de déneigement est l’ennemi juré de nos voitures. De mon côté, j’ai la “chance” d’habiter dans une région où la neige et le verglas se font assez rares, les routes ne sont donc que rarement salées. Mais dans les régions où il fait plus froid et en montagne, le salement des routes est une pratique courante voire quotidienne. Le sel ainsi déposé sur la route se retrouve sur votre châssis et votre carrosserie et attaque les peintures et le métal bien plus vite qu’on ne le croit. La meilleure chose à faire est de rincer votre voiture et en particulier les soubassements à l’eau claire après toute exposition aux sels de déneigement.

De même, je vous conseille d’éviter de garer votre ancienne de manière prolongée en bord de mer… les embruns salés font très vite des dégâts !

Contrôler les infiltrations d’eau et éviter l’eau stagnante

Si vous possédez une voiture ancienne, vous le savez aussi bien que moi : à l’époque, l’étanchéité était loin d’être la priorité des concepteurs de nos voitures ! Et ils en étaient bien conscients : pour la petite anecdote, Renault avait rédigé à l’époque toute une note pour son réseau de garages, dans laquelle le constructeur listait l’ensemble des zones d’infiltration d’eau possibles dans la 4L, soit plus d’une dizaine !

Au final, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans la voiture et le plancher se transforme en une immense bassine : de l’eau stagnante, des conditions idéales pour l’apparition de la corrosion. Pensez-donc à vérifier régulièrement que votre plancher n’est pas humide et tentez de déceler les zones d’infiltration d’eau.

Ne pas stocker sa voiture sous un arbre

Ce conseil, c’est le fruit de mon expérience personnelle. J’ai eu le malheur de stocker mon Austin Mini, non bâchée, sous un amandier pendant plus d’un an. Résultat, la sève a coulé sur la carrosserie et a attaqué la peinture en profondeur, laissant le métal à nu. La rouille n’en demandait pas tant pour s’y installer !

Morale de l’histoire : couper l’arbre. Ou mieux, ne pas couper l’arbre mais ne pas stationner sa voiture en dessous. Ou mieux encore, ne pas couper l’arbre, stationner sa voiture en dessous mais y mettre une bâche de protection. Bref. C’est vous qui voyez. 😉

 

N’hésitez pas à nous poser toutes vos questions et ou à partager vos expériences sur le sujet en commentaires en bas de la page, j’y réponds très rapidement ! 😉 Vous pouvez aussi me retrouver sur Facebook (Sortie de Grange) et sur Instagram (sortiedegrange).

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