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Sortie de grange d’une 4L 1ère génération (1964)

Connaissant ma passion pour les 4L, un ami m’appelle un jour pour me dire qu’il y en a une à l’abandon dans un champ, dans le village à côté, appartenant à une de ses connaissances. S’agissant d’une 4L première génération devenue rare, je ne pouvais pas manquer l’occasion, d’autant qu’elle se trouvait à moins de 2 kilomètres de chez moi ! Sans attendre, on prépare quelques outils, on attelle la remorque, et on part faire une belle sortie de grange !

CARTE D’IDENTITÉ DE LA 4L

  • Modèle : Renault 4
  • Version : R1120. Première génération (avec petite calandre alu). 6 Volts.
  • Moteur : type 680-02, 747cm3, 30CV.
  • Année : 1964
  • Kilométrage : 35 729 km au compteur à 5 chiffres (certainement 135 729 kms…).
  • Couleur : Bleu métal (code 414).
  • Arrêtée depuis 1986.

HISTOIRE DE CETTE 4L

La 4L se trouvait à Aubagne, dans les Bouches du Rhône (13), département où elle a été immatriculée et où elle a toujours roulé. Elle appartenait à un paysan et c’est dans un champ à proximité d’une ferme qu’elle était immobilisée depuis 1986 (33 ans).

Je rencontre alors le frère du paysan à qui a appartenu la 4L, et qui a roulé avec durant les dernières années. “La 4L a été arrêté les clés sur le contact, elle fonctionnait parfaitement au moment où je l’ai laissé là, il y a environ 30 ans. Ancien mécanicien, il n’était pas trop fan de 4L, selon ses dires. Son truc, c’était plutôt les DS, qu’il possédait et réparait à l’époque.” La voiture a toujours appartenu à la même famille.

Il possède bien la carte grise d’époque de la 4L, ce qui est un bon point. Mais la 4L est donc restée à l’extérieur, pendant plus de 30 ans, sans aucune protection. On a beau vivre dans une région où il ne pleut pas beaucoup, la corrosion a eu tout le loisir de s’installer et de faire de sacrés dégâts, vous le verrez un peu après ! 😉

Pour autant, les exemplaires de 4L première génération des années 1960 deviennent extrêmement rares et sa petite bouille avec sa calandre alu et ses feux aux cerclages chromés me faisaient clairement de l’œil… Elle me faisait en plus penser à une très belle photo, assez connue sur le web :

Bon, il y en a une qui est dans un meilleur état que l’autre, je vous l’accorde. Mais il y a quand même une belle ressemblance non ? 🙂

Bref, je ne pouvais pas la laisser là à pourrir plus longtemps. On va la récupérer cette 4L !

 

SORTIE DE GRANGE DE LA 4L

Le terme « sortie de grange » évoque la retrouvaille de véhicules oubliés depuis plusieurs années, que l’on va dépoussiérer et sortir de leur grange pour leur redonner une seconde vie. Il peut s’agir de granges, bien sûr, mais aussi de caves, garages, entrepôts voire de champs, de bois et buissons… ! Dans notre cas ici, on sort une 4L abandonnée dans un champ, mais le terme “sortie de grange” s’applique tout à fait !

Présentation de la 4L, abandonnée depuis 30 ans dans un champ

Voilà quelques photos de la 4L lorsque je suis allé la voir la première fois.

La 4L n’était pas seule ! Elle se trouvait dans les arbustes, à côté d’une certaine Peugeot 104… Comme vous pouvez le voir, les roues sont complètement affaissées dans le sol. Il va falloir gratter un peu pour la sortir de là ! 😉

 

Les 2 autos sont garées là, depuis plus de 30 ans pour l’une, et plus de 20 ans pour l’autre… Concernant l’immatriculation, pas de plaque en alu ni en plexiglas à l’époque mais un simple marquage blanc sur noir. On adore ! 🙂

 

A l’intérieur de la 4L, la nature reprend ses droits. Les arbustes semblent se plaire à l’intérieur de l’habitacle !

 

J’essuie légèrement la poussière pour pouvoir lire le kilométrage : 35 729 km. Les premiers compteurs des 4L n’avaient que 5 chiffres : elle peut très bien avoir 135 729 km, 235 729 km…

 

 

Côté moteur maintenant. La rouille est certes omniprésente, mais ne reste qu’en surface.. Le compartiment moteur est complet. Sur la photo, il manque le cric car il a été déplacé dans l’habitacle.

 

Les plaques d’identification d’origine, indispensables pour pouvoir remettre facilement le véhicule en circulation.

 

 

Récupération et sauvetage de la 4L

Malgré l’état de la 4L, on se décide quand même à la récupérer. Je suis tombé sous le charme de cette première génération. Je ne pouvais pas la laisser là ! On charge donc le matériel et l’outillage nécessaire dans le Land Cruiser, on lui attèle le plateau remorque (qui est en fait une remorque de bateau transformée pour l’occasion) et on est partis pour récupérer la belle !

Pour sortir la 4L, voici ce dont nous avons eu besoin :

  • 4 roues avec des pneus en bon état : nous allons remplacer celles montées sur la 4L dont les pneus sont H.S. Cela facilitera la sortie du bourbier. J’en avais en stock, donc pas de problème de ce côté-là.
  • Une sangle de traction, pour tirer la 4L avec le 4X4 jusqu’à une zone plate.
  • Un cric et des cales, pour changer les roues.
  • Une clé à choc sur batterie (ou déboulonneuse) : elle nous permettra d’enlever les écrous des roues sans trop de difficultés. Les écrous des roues étant complètement grippés, sans la clé à choc, ça aurait été très compliqué de les desserrer.
  • Une longue barre en acier, afin de débloquer les tambours de frein.
  • Du dégrippant, pour les écrous de roue et les freins. Indispensable !
  • Un treuil, ici intégré à la remorque, pour monter la 4L.
  • Des sangles d’arrimage pour tenir la 4L sur la remorque.

 

Après avoir changé les 4 roues et remis la 4L sur ses pattes, je fais passer la sangle de traction derrière le châssis. L’autre côté est accroché sur l’attelage du 4X4.

 

Comme vous avez pu le voir, la roue avant est complètement bloquée ! Heureusement le sol est humide et la roue peut glisser dessus sans problème.

 

Au départ, les roues AVG et ARD étaient bloquées. En la tirant avec la sangle, la roue arrière s’est débloquée. En revanche, la roue avant reste bloquée. J’utilise donc du dégrippant et une longue barre d’acier pour faire levier sur le tambour de frein qui se débloque finalement assez facilement pour une voiture qui est restée immobilisée 30 ans.

 

On va enfin pouvoir monter la 4L sur la remorque. On a posé des planches de bois de chaque côté pour faire office de rampe. La pente est assez raide, mais avec l’aide du treuil, cela devrait pouvoir faire l’affaire. A droite, le propriétaire de la 4L.

 

Vu comme ça, on a l’impression que ça va durer des heures ! 🙂 C’est un peu long car la pente est raide et le treuil est manuel… Néanmoins cela se fait sans trop de difficultés.

 

10 minutes plus tard et quelques dizaines de tours de bras après, la 4L est bien en place sur la remorque !

 

Le hayon arrière est manquant… On l’a retrouvé, un peu plus loin, en morceau et complètement rongé par la corrosion. Je récupère les roues que j’ai enlevé et j’arrime la 4L sur la remorque afin qu’elle ne bouge pas.

 

Et voilà, une 4L de plus à la maison !

 

La 4L de 1964 sortie de grange, en détails

La fameuse calandre alu et les cerclages de phares chromés, caractéristiques des 4L première génération (1961-1966).

 

A l’avant, point de sièges séparés, mais bien une banquette ! C’est assez rare aujourd’hui sur les 4L.

 

Vous avez dit “un peu de boulot” ?

 

Côté compartiment moteur, on découvre une jolie batterie 6V de la fameuse marque Ducellier. Cette entreprise française (Auvergne) a fermé ses portes au début des années 80.

 

Les rats semblent avoir fait du compartiment moteur un nid idéal…

 

Sur les premières générations de 4L, le code / référence de la teinte de la carrosserie était marqué directement sur l’intérieur de l’aile. Sur les générations suivantes, le constructeur l’a remplacé par un sticker. Ici, un 414, correspondant à un bleu métal.

 

La question se pose maintenant quant à l’avenir de cette 4L. Le châssis est H.S. : planchers, brancards avant / arrière, logerons… tout est complètement rongé par la rouille. La carrosserie est à peu près dans le même état. Seule la mécanique semble encore correcte : le moteur, contre toute attente, n’est pas bloqué et tourne à la main !  Deux solutions s’offrent à moi. Soit j’entreprends une restauration complète, sachant que cela va demander un changement de châssis et de carrosserie et donc qu’il ne restera plus grand chose d’origine… soit je m’en sers comme banque de pièces pour en restaurer une autre…

Quel est votre avis ? N’hésitez pas à me le donner en commentaires en bas de la page et nous partager vos expériences en terme de sorties de grange ! 😉

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